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Poser du carrelage soi-même : le guide complet étape par étape

Comment poser du carrelage au sol ou au mur sans expérience ? Calepinage, mortier-colle, joints : toutes les étapes pour un résultat propre en 2026.

Florian RousseauFlorian Rousseau 19 min de lecture
Comment poser du carrelage de sol ? Leroy Merlin

Poser du carrelage soi-même demande méthode et patience. Les trois piliers d'une pose réussie : un support parfaitement plan et sain, un calepinage qui centre la pose dans la pièce plutôt que de suivre un mur, et l'utilisation du bon mortier-colle avec double encollage pour les formats supérieurs à 40×40 cm. Le respect de ces conditions détermine la durabilité du résultat.

Poser du carrelage demande de la méthode, pas des années de métier. Un support mal préparé fait sonner les carreaux creux, un calepinage bâclé donne des coupes disgracieuses dans les zones les plus visibles de la pièce. Ce guide reprend chaque étape dans l'ordre, avec les contrôles qui font la différence entre un sol qui tient vingt ans et un chantier à refaire dans six mois.

En bref

  • Préparez le support avant tout : ragréage et primaire d'accrochage évitent 80 % des décollements.
  • Ne posez jamais le premier carreau sans calepinage complet à sec : une erreur au départ se répercute sur toute la pièce.
  • Utilisez le double encollage systématiquement sur les formats 60×60 cm et au-delà, en pièce humide et sur plancher chauffant.
  • Respectez les temps de séchage : 24 h pour le ragréage, 48 h pour la colle avant joints, 24 h pour les joints avant de marcher.
  • Le joint de dilatation périphérique de 5 mm est obligatoire : il évite les fissures et le soulèvement des carreaux.

Ce qu'il faut savoir avant de poser du carrelage

Poser du carrelage n'est pas techniquement difficile, mais c'est un travail où chaque étape conditionne la suivante. Un bricoleur à l'aise avec les outils de base (niveau, perceuse, meuleuse) peut obtenir un résultat propre en suivant une méthode rigoureuse. Ce qui sépare un sol durable d'un chantier raté tient rarement à la technique de pose elle-même : c'est la préparation du support et le calepinage qui font 80 % du résultat final. Prévoyez un week-end complet pour une pièce de taille moyenne, et ne sous-estimez pas le temps de séchage : 24 heures minimum avant de marcher sur le carrelage, 48 heures avant de jointoyer. La difficulté réelle n'est pas de poser le premier carreau, c'est de poser le dernier avec la même précision que le premier, quatre heures plus tard, quand la colle commence à tirer.

Choisir le bon carrelage selon la pièce et l'usage

Le choix du carrelage dépend d'abord de la destination. Pour une pièce humide comme une salle de bains, le grès cérame pleine masse reste la référence : il n'absorbe quasiment pas l'eau et résiste aux produits d'entretien. En cuisine, un grès cérame émaillé combine résistance aux taches et facilité de nettoyage. La terre cuite, plus chaleureuse, convient à un séjour mais exige un traitement hydrofuge régulier. Vérifiez toujours le classement UPEC du carreau : U pour l'usure (U3 minimum en pièce de vie, U4 en entrée), P pour la résistance au poinçonnement, E pour le comportement à l'eau (E3 en salle de bains, E2 en cuisine), C pour la résistance aux agents chimiques. Le classement R (antidérapant) devient critique en salle de bains : visez R9 minimum, R10 si le carrelage reçoit de l'eau directement.

Les outils indispensables pour carreler (liste complète)

Voici la liste des outils nécessaires, sans superflu. Investissez dans un bon niveau à bulle de 2 mètres : une erreur d'un millimètre au premier rang devient un centimètre au dernier mur. Pour la coupe, une carrelette manuelle suffit pour les formats jusqu'à 60 cm de côté et les coupes droites. Une meuleuse d'angle avec disque diamant devient indispensable pour les découpes en U, en L ou les passages de tuyauterie. Prévoyez aussi : un peigne cranté (dent de 8 à 12 mm selon le format), une spatule malaxeur pour la colle, un maillet en caoutchouc, des croisillons, une règle de maçon de 2 mètres, un mètre ruban, un cordeau à tracer, une éponge et une raclette en caoutchouc pour les joints, des genouillères, des seaux gradués.

Formats courants : du 30×60 au 60×60, ce que ça change

Le format des carreaux modifie tout : la technique de pose, le type de colle, le rendu visuel et la difficulté. Les petits formats (20×20, 30×30) sont plus tolérants sur un support imparfait et se posent avec un simple encollage. Le 30×60, très répandu en pose murale, reste maniable seul à condition d'utiliser un peigne de 8 mm et une colle adaptée. Le 60×60 au sol change complètement l'échelle : chaque carreau pèse entre 8 et 12 kg, il faut le manipuler avec des ventouses, et le support doit être parfaitement plan (tolérance de 2 mm sous la règle de 2 mètres, selon le DTU 52.1). Au-delà du 60×60 (80×80, 120×60), le double encollage devient obligatoire et la pose à deux personnes fortement recommandée. Ces grands formats réduisent le nombre de joints visibles, mais chaque coupe ratée coûte cher.

Étape 1 : préparer le support, la base de tout

La première cause de carreaux qui sonnent creux ou se décollent n'est ni la colle ni la technique de pose : c'est le support. Un sol qui présente des fissures, des bosses, des traces d'humidité ou une planéité insuffisante compromettra le résultat quelle que soit la qualité du mortier-colle utilisé. Cette étape de préparation n'a rien de gratifiant : pas de carreau posé, pas de progrès visible : mais c'est précisément celle que les bricoleurs pressés sabotent. Le temps passé ici conditionne directement la durée de vie du carrelage. Comptez une demi-journée pour un diagnostic complet et un ragréage sur une pièce de 8 m².

Diagnostic : sol sain, sec et plan avant tout

Posez une règle de maçon de 2 mètres sur le sol dans toutes les directions. Selon le DTU 52.1, l'écart maximal toléré sous la règle est de 5 mm pour une pose standard, et de 2 mm pour les carreaux de format supérieur à 60×60 cm. Si vous passez un doigt sous la règle et que l'espace dépasse ces seuils, il faut ragréer. Vérifiez aussi l'humidité : sur une chape ciment, un test simple consiste à scotcher un carré de film plastique de 50×50 cm au sol pendant 24 heures. Si de la condensation apparaît sous le film, le support n'est pas sec. Une chape ciment traditionnelle met environ 1 semaine par centimètre d'épaisseur pour sécher complètement. Repérez enfin les fissures : une fissure de plus de 0,5 mm de large nécessite un pontage spécifique avant carrelage, sous peine de réapparaître dans les carreaux.

Ragréer et appliquer un primaire d'accrochage

Le ragréage consiste à étaler un mortier autolissant sur le support pour le remettre à niveau. Sur une chape ciment, appliquez d'abord un primaire d'accrochage : il régule la porosité du support et empêche la chape d'absorber l'eau du ragréage trop vite, ce qui le fragiliserait. Laissez sécher le primaire 2 à 4 heures, puis coulez le ragréage en partant du fond de la pièce pour finir vers la porte. Passez un rouleau débuleur immédiatement après pour chasser les bulles d'air. Le séchage complet prend 24 heures pour une épaisseur de 3 mm ; au-delà de 5 mm, comptez 48 heures. Pour une chape neuve, le primaire est impératif. Pour un ancien carrelage, utilisez un primaire d'accrochage spécial support non poreux (type dispersion aqueuse).

Poser du carrelage au sol sur du carrelage existant : ce qu'il faut vérifier

Poser un nouveau carrelage directement sur l'ancien fait gagner du temps et évite la dépose, mais cette technique n'est pas toujours applicable. Le carrelage existant doit être parfaitement adhérent : testez-le en tapotant chaque carreau avec un maillet, un son creux signale un décollement. Il faut déposer et ragréer ces zones. Le support doit aussi supporter la hauteur supplémentaire (colle + nouveau carreau = 8 à 15 mm) : vérifiez que les portes pourront toujours s'ouvrir. Appliquez un primaire d'accrochage spécial support non poreux avant la pose. Cette méthode est déconseillée si l'ancien carrelage est posé sur un plancher bois (risque de mouvements différentiels trop importants) ou si le support présente des fissures traversantes. En cas de doute sur la nature de l'ancienne colle (risque amiante avant 1997), faites analyser avant toute intervention.

Étape 2 : réaliser le calepinage, l'étape que personne ne saute impunément

Le calepinage consiste à déterminer la position de chaque carreau avant de poser la première goutte de colle. L'erreur classique, y compris chez les bricoleurs qui ont déjà carrelé, consiste à démarrer depuis un mur en se disant qu'on rattrapera à l'autre bout. Résultat garanti : une rangée entière de coupes en onglet dans la zone la plus visible de la pièce, le long de la porte d'entrée ou face à la lumière. Calepiner prend trente minutes. Ne pas calepiner prend trente minutes aussi, mais le regret dure aussi longtemps que le carrelage.

Tracer les axes stratégiques de la pièce

Tracez d'abord l'axe central de la pièce dans le sens de la longueur, puis celui dans le sens de la largeur. Ces deux lignes se croisent au centre. Mesurez la distance entre cet axe et chaque mur : si la dernière rangée fait moins d'un demi-carreau de large, décalez l'axe d'un demi-carreau : la pièce paraîtra centrée, les coupes seront réparties symétriquement des deux côtés. Pour le sens de pose, alignez la grande longueur des carreaux avec la source de lumière principale (fenêtre, baie vitrée) : cela réduit visuellement les joints et donne un effet d'allongement de la pièce.

Poser à blanc : tester avant de coller

Posez une rangée complète de carreaux à sec le long de chaque axe, avec les croisillons en place. Cela confirme le centrage et met en évidence les obstacles : passages de porte, tuyauteries, angles non droits. Si un carreau entier ne passe pas sous une porte, mieux vaut le savoir maintenant qu'après avoir mélangé 10 kg de colle. Photographiez la disposition pour vous y référer pendant la pose. L'objectif est simple : quand vous commencerez à encoller, vous ne devrez plus réfléchir à l'emplacement du carreau suivant, seulement à sa mise en place.

Cas particulier : calepinage pour une pose en 30×60

Avec des carreaux 30×60 au sol, vous avez deux orientations possibles : longueur dans le sens de la pièce (effet d'allongement) ou longueur perpendiculaire (effet d'élargissement). La pose en tiers (décalage d'un tiers de la longueur à chaque rangée) est courante avec ce format mais demande un calepinage plus poussé : vérifiez que le décalage ne crée pas de languettes de moins de 5 cm en bout de rang. La pose en quinconce (décalage de 50 %) n'est pas recommandée sur les grands formats rectangulaires car ils sont souvent légèrement bombés en sortie de presse : le milieu d'un carreau se retrouve alors aligné avec le joint de deux autres, créant un dénivelé visible et désagréable sous le pied.

Étape 3 : appliquer le mortier-colle correctement

Le mortier-colle n'est pas un simple liant : c'est un matériau technique dont le choix détermine l'adhérence, la flexibilité et la durée de vie du carrelage. Appliqué avec un peigne cranté adapté, il forme des sillons réguliers qui s'écrasent sous le carreau pour créer un lit de pose uniforme sans bulles d'air. Une colle mal choisie (colle standard en pièce humide) ou mal appliquée (simple encollage sur un 60×60) est la deuxième cause de décollement après un support défaillant. Lisez la fiche technique du fabricant : le temps ouvert (délai entre l'application et la pose du carreau) y est indiqué et varie de 15 à 30 minutes selon les produits.

Choisir sa colle : mortier standard, flexible ou époxy ?

Trois familles de colles couvrent l'essentiel des besoins. La colle standard (C1 selon la norme NF EN 12004) suffit pour un carrelage en intérieur sur support stable, en pièce sèche. La colle flexible (C2S1 ou C2S2) intègre des polymères qui absorbent les légers mouvements du support : indispensable sur plancher chauffant, en pièce humide, pour les grands formats ou sur ancien carrelage. La colle époxy (R2T) offre une résistance chimique et une étanchéité totales : réservée aux locaux techniques, laboratoires, cuisines professionnelles. En pratique, pour une salle de bains ou une cuisine, une C2S1 fait le travail sans risque. Évitez la colle en poudre à gâcher soi-même si vous débutez : le dosage en eau est critique. Les colles prêtes à l'emploi en pot existent pour les petits formats muraux uniquement.

Technique d'application : peigne cranté et bon geste

Étalez la colle avec le côté lisse de la spatule pour créer une couche d'accroche, puis peignez avec le côté cranté en tenant l'outil à 45° : les sillons doivent être parallèles et réguliers. Un peigne de 8 mm convient aux carreaux jusqu'à 30×30 ; passez à 10 mm pour le 45×45 ; utilisez 12 mm pour le 60×60 et au-delà. Ne peignez pas plus d'un mètre carré à la fois : au-delà, la colle commence à croûter en surface avant que vous n'ayez posé tous les carreaux, compromettant l'adhérence. Le geste est toujours le même : étaler, peigner, poser le carreau dans les 10 minutes, tapoter au maillet, contrôler au niveau. Ne laissez jamais une pellicule sèche entre la colle et le carreau.

Épaisseur et double encollage selon le format de carreau

L'épaisseur de colle sous le carreau doit atteindre 3 à 5 mm après écrasement des sillons. Pour les formats jusqu'à 30×30 cm, le simple encollage (colle au sol uniquement) suffit. Pour le 45×45, vérifiez régulièrement en soulevant un carreau fraîchement posé : si le dos n'est pas entièrement couvert de colle, passez au double encollage. Le double encollage consiste à appliquer la colle au sol avec le peigne, puis une fine couche (1-2 mm) au dos du carreau avec le côté lisse de la spatule. Cette technique est obligatoire pour tous les formats de 60×60 cm et au-delà, en extérieur, et sur plancher chauffant. Elle garantit un taux de recouvrement supérieur à 95 %, ce que le simple encollage ne peut pas assurer sur un grand format qui se déforme légèrement.

Étape 4 : poser les carreaux, du premier au dernier

Le moment est venu de poser les carreaux pour de bon. Le rythme est important : ni trop lent (la colle croûte), ni trop rapide (les erreurs d'alignement s'accumulent). Travaillez rangée par rangée complète plutôt que par zones : cela permet de contrôler l'alignement en continu avec la règle de maçon. Chaque carreau posé est une décision définitive : décoller un carreau après dix minutes abîme les sillons de colle et oblige à recharger, ce qui prend du temps et consomme du mortier inutilement. Gardez un seau d'eau propre et une éponge à portée de main : la colle fraîche sur la surface du carreau s'enlève facilement, la colle sèche se retire au grattoir.

Poser la première ligne de carreaux : le repère de tout le reste

Prenons un cas concret : une salle de bains de 8 m² (4 m × 2 m) à carreler en pose droite avec des carreaux 60×60. Surface nette : 8 m². Avec 10 % de chute (norme professionnelle pour la pose droite), commandez 10 carreaux supplémentaires, soit 35 carreaux au total. Commencez par la première rangée complète le long de l'axe transversal central que vous avez tracé au calepinage. Posez le premier carreau exactement au croisement des deux axes, encollez le sol sur 1 m², peignez, positionnez le carreau, tapotez au maillet, vérifiez le niveau dans les deux sens. Posez les carreaux suivants de part et d'autre du premier, en intercalant les croisillons à chaque angle. Après trois carreaux, vérifiez l'alignement à la règle de 2 mètres. Après la rangée complète, contrôlez à nouveau : tout écart ici sera reproduit sur toute la surface. Laissez cette première rangée prendre 2 heures avant de continuer si la pièce est traversante et que vous devez marcher dessus pour atteindre le reste du sol.

Carrelage mural : différences de technique et de colle

La pose murale obéit aux mêmes principes que le sol, avec quelques spécificités. Le support doit être plan à 3 mm sous la règle de 2 mètres (DTU 52.2 pour les revêtements muraux). Sur plaque de plâtre en pièce humide, utilisez exclusivement des plaques hydrofuges (vertes) et un primaire d'accrochage adapté. La colle pour mur doit avoir un pouvoir glissant réduit (indiqué « anti-glisse » ou « pour mur » sur le sac) pour éviter que les carreaux ne descendent sous leur propre poids. Commencez la pose un rang au-dessus du sol : fixez un tasseau horizontal parfaitement de niveau qui servira de support au premier rang posé. Ce rang de départ est critique : une fois la colle sèche (le lendemain), retirez le tasseau et posez le rang du bas, qui sera coupé pour absorber les irrégularités du sol. Sur un mur, travaillez par bandes horizontales de 1 mètre de haut pour ne pas surcharger les rangs inférieurs.

Découpes : carreaux d'angle, contours et ajustements

Les découpes droites se font à la carrelette : rayez la surface du carreau d'un geste ferme, puis appuyez sur la molette pour le casser net. Les découpes en L ou en U (passage de tuyau, angle de mur) nécessitent la meuleuse d'angle avec disque diamant. Tracez le contour au crayon gras, coupez les deux traits parallèles à la meuleuse, puis cassez la languette avec une pince à carreaux. Pour un tuyau circulaire, utilisez une scie cloche diamant montée sur perceuse. Les carreaux d'angle se traitent en deux temps : mesurez la longueur jusqu'au mur sur le carreau entier adjacent, reportez-la sur le carreau à couper en retranchant l'épaisseur du joint (2 à 5 mm selon le format) et l'espace de dilatation périphérique (5 mm minimum). Une coupe mal mesurée ne se rattrape pas : prenez chaque cote individuellement, les murs ne sont jamais parfaitement parallèles.

Étape 5 : réaliser les joints et poser les plinthes

Les joints ne sont pas seulement esthétiques. Ils absorbent les micro-dilatations du carrelage, compensent les tolérances dimensionnelles des carreaux (qui varient de quelques dixièmes de millimètre d'un lot à l'autre), et assurent l'étanchéité de surface en pièce humide. Un joint trop fin (moins de 2 mm) n'absorbe quasiment rien et peut fissurer. Un joint trop large (> 5 mm pour du carrelage intérieur standard) donne un rendu industriel que peu de particuliers recherchent. La largeur se choisit en fonction du format du carreau et de la rectification de ses bords : les carreaux rectifiés (bords coupés mécaniquement, parfaitement droits) acceptent un joint de 1,5 à 2 mm ; les carreaux non rectifiés (bords pressés, légèrement arrondis) exigent un joint de 3 à 5 mm.

Choisir la largeur et la couleur des joints

Pour un carrelage 60×60 rectifié, un joint de 2 à 3 mm donne un rendu contemporain discret. Pour un 30×60 standard, 3 à 4 mm rattrapent les écarts dimensionnels. La couleur du joint change radicalement la perception : un joint ton sur ton fond le carrelage dans un ensemble uni ; un joint contrasté (blanc sur carrelage foncé, anthracite sur carrelage clair) souligne la trame et structure l'espace. Dans une salle de bains, privilégiez un coulis hydrofuge, voire un coulis époxy pour la douche à l'italienne (étanchéité maximale, pas de reprise d'eau). Les joints époxy sont plus techniques à appliquer car ils durcissent vite : prévoyez un nettoyage immédiat et rigoureux.

Appliquer le coulis : raclette, éponge, finition

Attendez 48 heures après la pose avant de jointoyer (la colle doit être complètement sèche pour ne pas piéger d'humidité). Retirez tous les croisillons. Préparez le coulis selon le dosage du fabricant : ni trop liquide (il s'infiltre mal), ni trop pâteux (il ne remplit pas le joint en profondeur). Étalez-le à la raclette en caoutchouc en diagonale par rapport aux joints, en appuyant fermement pour bien les remplir. Travaillez par zones de 1 à 2 m². Passez la raclette pour racler l'excédent en surface, puis laissez prendre 15 à 20 minutes. Nettoyez ensuite à l'éponge humide (pas trempée) en mouvements circulaires pour éliminer le voile de ciment sans creuser les joints. Changez l'eau régulièrement. Après 24 heures, un voile blanchâtre peut persister : nettoyez-le au chiffon sec, ou avec un produit spécifique de finition si nécessaire.

Poser les plinthes en finition

Les plinthes masquent le joint de dilatation périphérique obligatoire de 5 mm minimum entre le carrelage et le mur. Elles protègent aussi le bas des murs des chocs et de l'humidité lors du lavage du sol. Deux choix s'offrent à vous : les plinthes assorties au carrelage (même lot, même teinte) ou des plinthes contrastées (bois, PVC, alu). La pose se fait à la colle après séchage complet des joints. Mesurez, coupez à la carrelette pour les plinthes carrelage, assemblez à onglet (coupe à 45°) dans les angles. Appliquez la colle au dos de la plinthe, positionnez, callez avec les croisillons pour maintenir l'espacement régulier. Jointoyez entre la plinthe et le carrelage au sol avec le même coulis que le reste du sol.

Récapitulatif : temps et budget d'une pose carrelage soi-même

Une pose DIY ne chiffre pas les mêmes postes qu'une pose professionnelle, mais la comparaison a du sens. Le poste principal, c'est le temps. Pour une pièce de 8 m² en pose droite 60×60, un bricoleur seul doit compter deux jours pleins de travail effectif, hors séchage : une demi-journée pour le diagnostic et le ragréage, une demi-journée pour le calepinage et le traçage, une journée pour la pose des carreaux, deux heures pour les joints. Les temps de séchage s'intercalent : 24 heures pour le ragréage, 48 heures pour la colle avant jointoiement, 24 heures pour les joints avant circulation. Au total, le sol est praticable 4 à 5 jours après le début du chantier. Côté matériel, les fournitures (colle, ragréage, primaire, croisillons, coulis) restent le poste le plus modeste comparé au coût des carreaux eux-mêmes. Une pose pro des mêmes 8 m² serait facturée entre 40 € et 70 € du m² selon la région et la complexité, main-d'œuvre seule (chiffres observés sur devis, 2025-2026). L'économie réalisée en posant soi-même est donc significative, à condition d'accepter la courbe d'apprentissage. Pour une pièce à fort enjeu esthétique (séjour ouvert, grande surface), la différence de rendu entre un amateur appliqué et un professionnel reste visible sur la régularité des joints et les finitions de coupe.

Sources

Les indications fournies sont générales. Avant des travaux engageant la sécurité ou les normes, sollicitez un artisan qualifié (RGE, Qualibat, électricien).

Questions de bricoleurs

Comment débuter la pose d'un carrelage ?

On commence toujours par le calepinage, pas par la colle. Tracez les axes centraux de la pièce au sol et posez une rangée complète de carreaux à blanc avec les croisillons. Cela permet de vérifier le centrage, de repérer les coupes difficiles et de déterminer le premier carreau à poser. Le premier carreau à coller se positionne au croisement des deux axes centraux.

Est-ce difficile de poser du carrelage ?

La difficulté est modérée mais réelle. Le geste technique de base (étaler la colle, poser le carreau, niveler) s'acquiert rapidement. La difficulté vient surtout de la rigueur : un support mal préparé, un calepinage sauté, un temps de séchage non respecté, et le résultat se dégrade en quelques mois. Un bricoleur méthodique peut carreler correctement une salle de bains, mais le rendu d'un professionnel sur les finitions (coupes, régularité des joints) reste difficile à égaler sans pratique.

Quelle est la meilleure technique de pose de carrelage ?

La pose droite (carreaux alignés en damier) reste la technique recommandée pour un débutant : les coupes sont simples, le calepinage est prévisible, le taux de chute est le plus faible (environ 10 %). La pose en diagonale (carreaux tournés à 45°) donne un effet visuel plus dynamique mais génère 15 à 20 % de chutes et complexifie toutes les découpes périphériques. La pose décalée (tiers ou quinconce) fonctionne bien avec les formats rectangulaires type 30×60, mais évitez le décalage à 50 % sur les grands formats rectangulaires à cause du tuilage (bombement des carreaux).

Quelle épaisseur de colle pour carrelage ?

Après écrasement des sillons, la couche de colle doit atteindre 3 à 5 mm d'épaisseur. Le choix du peigne cranté détermine cette épaisseur : dent de 8 mm pour les carreaux jusqu'à 30×30 cm, 10 mm pour le 45×45, 12 mm pour le 60×60 et au-delà. Pour les grands formats (≥ 60×60 cm), le double encollage (colle au sol peignée + fine couche au dos du carreau) est obligatoire pour garantir un taux de recouvrement supérieur à 95 %.

Quel temps de séchage avant de marcher sur un carrelage neuf ?

Comptez 24 heures minimum avant de marcher sur le carrelage après la pose, et 48 heures avant de commencer les joints. Une fois les joints réalisés, attendez encore 24 heures avant la circulation normale. Pour les charges lourdes (meubles, électroménager), patientez 7 jours pour laisser la colle atteindre sa résistance maximale. Ces délais supposent une température ambiante entre 15 et 25 °C ; en dessous de 10 °C, doublez-les.